Architecture, documentaire, photographie, peinture.
Emmanuel Thirard & Virginie Artaud
- contact: 06 60 56 30 10 - e.t.architecture@wanadoo.fr

facade sudNotre site est en cours de construction : nos différentes activité et projets réalisés vous seront présenté au fur et à mesure de l’avancement.

En attendant, voici le projet d’une maison que nous venons de terminer ; nous vous la présentons ici et nous vous faisons également part du texte qu’à écrit l’architecte Claude Parent qui nous a fait le très grand honneur de visiter cette maison.

Une petite maison de montagne, une maison traboule, une maison pont.

Cette maison situé en cœur d’îlot jouit de deux accès situés à 150 mètres l’un de l’autre avec un dénivelé de 4 mètres : c’est la maison traboule. Un parcours à travers les anciennes parcelles maraîchères du 20ème, hors du commun.

Après avoir parcouru les 70 mètres qui séparent la maison de la rue, à travers le dernier porche on aperçoit la façade « moderne », la passerelle nous appelle et on entre au premier niveau, comme dans une petite maison de montagne.

Ce niveau, flottant au dessus du jardin, articule la maison dans le sens Nord/Sud (qui correspond au parcours à travers les parcelles, du haut vers le bas) et dans le sens Est /Ouest avec l’atelier du peintre qui fabrique un pont entre l’immeuble voisin et la partie nuit de la maison.

Au dessus sont les chambres des enfants, au rez de chaussée le séjour (traversant), le coin jeux enfant et la cuisine collé au jardin*.

C’est une maison que nous avons voulue la plus écologique possible : construction en bois, produit HQE (lazure, etc …), avec un système de plancher chauffant, une pompe à chaleur et système de « paroi respirante ».

Au printemps et en été, les vitrages en accordéon du rez de chaussée, une fois ouverts, se fondent dans l’épaisseur de la structure. La maison semble flottée, soulevée.

     

* A cette volonté que je rappelais à mes enfant un matin au petit déjeuner, ma fille m’a répondu :  «  mais alors, pourquoi on a pas mis la maison dehors »

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- La maison
- Notre méthode documentaire

Si en plein Paris, par exemple dans un tissu urbain très très dense voisin du Père Lachaise, si vous découvrez comme un explorateur une parcelle pratiquement inaccessible, vous ne penserez jamais y bâtir votre maison pour femmes, enfants, garages et atelier de peintre et en plus un bureau d’architecte.

Pour vous faire toucher du doigt l’impossibilité du pari, sachez qu’il s’agit d’une seule parcelle des anciens jardins potagers de Paris (19ème siècle à tout casser) dont l’accès principal d’origine était destiné à la circulation des brouettes. 

En pleine terre, matériaux de construction, arbres, équipement ménagé aux sanitaires passent obligatoirement par cet étranglement. Pas facile ! 

Et c’est pour cela que cette parcelle enclavée à tout jamais n’avait pas trouvé preneur, jusqu’à ce qu’un architecte de 42 ans, ne relève le défi. Et après acquisition ne vienne y planter sa maison familiale. 

Je passe sur plusieurs années de tractations en tous genres, qu’elles soient administratives ou financières elles ne furent ni faciles ni rapides, Emmanuel Thirard a réalisé son rêve, sa maison. Dire que c’est une maison semble impossible à dire, planter sa tente conviendrait mieux s’il ne s’agissait pas d’une construction de 3 étages avec sous sol, verrière, relations longitudinales et transversales à tous les niveaux et transparences totale (à la demande) à rez-de-chaussée faisant communiquer TOUTE la parcelle comme sur un terrain nu sans aucun obstacle.

Cette disposition extraordinaire permet de considérer cette construction non pas comme une maison mais comme la reconstitution d’une parcelle du tissu urbain du quartier, jusqu’alors interrompue à cet endroit là. 

Notre architecte a agit comme un raccommodeur, dans le tissu au point que l’on dirait un paysage d’architecture, du bâti général et d’une densité sans faiblesse comme on faisait dans le temps … avant les règlements de toute nature.

Alors me direz-vous a-t-il triché ? Non pas. Il a négocié avec chaque voisin, chaque fonctionnaire de l’administration. Ce raccommodage urbain est parfaitement légal, et pourtant le pari était d’autant plus difficile que la parcelle initiale s’étire sur des dizaines de mètres de longueur, sur une étroite largeur et avec un décalage d’un niveau d’une entrée à l’autre. Il faut analyser les plans pour comprendre, sinon on ne peut pas y croire. C’est là que ceux qui nous font construire n’ont pas encore compris une partie essentielle de l’art de l’architecte, celle que l’on pourrait appeler l’ ECONOMIE  (au grand sens du terme) DU SOL  aucune autre profession ne possède un sens aussi développé dans ce domaine,   qu’on se le dise s’il vous plaît et que l’on enregistre cette formule : l’architecte est DOCTEUR ES SOL. 

Mais j’ai gardé la surprise pour la fin. J’ai suivi le fils qui traversait la soi disante maison à toute vitesse avec son deux roues sans interrompre la course folle et arrivé là je me suis retourné et j’ai vu quand même une vraie maison, une maison pour vivre, une maison avec des fenêtres et des panneaux dessinés au laser, et j’ai eu l’impression finalement d’un grand carré parfait, véritablement suspendu dans l’espace au-dessus d’un vrai vide entièrement libéré.

Peut-être n’est-ce pas  comme le dit son  propriétaire architecte un exercice de style (ce n’est pas paraît-il son propos), mais quand on suit le parcours d’une flèche brisée rouge vif qui fait grimper l’œil au sommet, alors je me demande comment Thirard va bien dénommer cet exploit architectural.

Claude Parent